Sait-on jamais avec le hasard ?” s’exclamait, gouailleuse, Arletty, dans “Les Enfants du Paradis”. Un film sublime de Marcel Carné, avec des dialogues de Prévert, un de ces films qui marque une vie, auquel on revient doucement, sensiblement, avec l’air, parfois, de ne pas y toucher. Au fond, qu’est-ce que le hasard ? Un faisceau de faits, de coïncidences troublantes qui surgissent au détour de la vie, au détour des rencontres. La vie est telle qu’on la découvre chaque jour, avec les surprises qu’elle nous réserve - bonnes ou mauvaises, d’ailleurs -, les œillades & ces concomitances parfois proprement hallucinantes. Une date, un prénom, un ami commun, des dispositions de penser, des poètes que l’on révère, parfois, le chemin se constelle de présages malicieux, de hasards tendancieux. Mais, on a aussi quelque part, les hasards que l’on mérite... La chance n’en est pas une quand on la construit chaque jours, quand on la pare de beaux sentiments & de beaux mots. L’âme se reflète dans le creuset des passions intimes & tend vers les plus beaux sourires quand elle est animée de tendres intentions, quand elle tend vers les plus belles rencontres. Cela paraît certes quelques peu naïf dit comme cela, mais, parfois, il faut admettre la félicité du moment. Daniel Darc nous parle, quant à lui, de la taille de son âme. Il utilise à dessein les mots de Prévert pour introduire sa chanson. Au fond, que sera l’univers sans ses poètes lus, entendus au quotidien, où en serait notre âme ? 

Florence  

arletty