Compte les morts depuis que tu existes, depuis que tu en as conscience. Ils sont innombrables. Ils errent dans la stratosphère & te posent parfois des questions incongrues. Pour moi, ce sont toujours les fantômes de mes nuits, des âmes blessées au sourire pourpre. Ils ont des noms divers : Raphaël; Daniel, Ariel. Ce sont aussi des enfants que j’ai portés dans mon ventre, des écrivain(e)s que j’ai aimés, des héros un tant soi peu mythiques. Dites-moi, y-a-t-il une formule arithmétique pour compter les morts ? Ceux à jamais disparus auxquels on pense tout le temps ? J’ai des frayeurs au bas de mon ventre, au bas de mon âme aussi. La mort se révèle être un drôle de concept, finalement car ils restent avec nous, près de nous. Des fantômes apparaissent dans le brouillard de nos nuits. J’aime ça. Je me réveille doucement. Je les vois. Parfois avec terreur, parfois avec ardeur. Ils sont si proches mais j’hésite à les toucher. Papa, mes enfants qui sont morts, protégez-moi !

Florence

 

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