J’aurais pu parcourir les immensités interstellaires, les paysages lunaires & aviser tous ces cratères aux allures défiantes. J’aurais pu me perdre dans une quelconque sierra aux couleurs outrageusement rougeoyantes. J’aurais pu arpenter les déserts comme d’aucuns arpentent les mers. J’aurais pu. D’aventure en aventure, on croit souvent rechercher dans les cieux argentés ce que l’on a dans le coeur. De voyage imaginaire en voyage intérimaire, on dérive vers de factices terres, vers de pâles stratosphères. 

Alors, parfois, on voyage autour de sa chambre comme feu Xavier de Maistre, on imagine les horizons, les hurlevents, les hurlements d’un monde qui nous échappe, on se noie dans la contemplation des petits riens, des blessures secrètes qui marbrent notre âme comme le sable marbre ces rutilantes plages. 

Il est de ces capitaines solitaires qui enfourchent narwal & illusions, il est de ces littérateurs qui empochent leur déraison, il est de ces personnages de rien, de ces personnages de papier - que nous sommes tous au fond ! - qui décochent leur rêve au détour d’une ruelle parfois mal éclairée. 

Qu’en est-il de ces rêves ? Juste une trêve dans la réalité.

Car cette vie est une guerre que l’on ne vit que bien armé...

Florence 

 

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