A vous toutes
qui avez plu ou plaisez,
icônes controversées dans la grotte de l’âme,
comme une coupe de vin pour un toast,
je lève mon crâne rempli de rimes.”
Vladimir Maïakovski, Poésies

A l’instar de ces poètes adolescents, de ces Rimbaud qu’ils soient russes ou français, qu’ils reposent à Charleville ou dans les travées du cimetière Montparnasse, du Père Lachaise ou dans les contrées givrées & septentrionales, je lève ma coupe remplie de rimes, remplie de plaisir androgyne, remplie d’alcool que l’on distille dans les sombres paradis de l’âme, dans les arrières salles de l’esprit. La soif étanche l’ivresse littéraire, les mots se tordent dans les mystères de la stratosphère. Le monde s’enfuit délétère dans les rimes inégales, embarrassées de leur métrique suicidaire. Il n’y a plus de planisphère, plus de frontières, les cartes se mêlent dans les jeux pervers des poésies du mystère. Dans les bas-fond, une lumière glauque éclaire d’un clair obscur imaginaire les visages blêmes des joueurs de rimes, des danseurs d’hémistiches. J’écris les palimpsestes sur tes photos nocturnes, sur les négatifs de ces vies inversées, quand le destin s’emmêle et, qu’au bout du compte, je partage près de toi cette coupe remplie de poésie, ivre de lacrima christi.
Florence

IMG_2323